La tome fraîche de l'Aubrac, l'âme de l'aligot
Pourquoi ce fromage jeune est indispensable à l'aligot, et comment le choisir.
La tradition situe la naissance de l'aligot au XIIe siècle, sur le plateau de l'Aubrac. Les moines y servaient aux pèlerins qui traversaient la région, en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, un plat chaud, simple et nourrissant.
Précisons tout de suite que personne ne tenait de registre des recettes à cette époque. Ce qu'on raconte ici, c'est la version transmise par la tradition, pas un acte notarié.
L'aligot des origines n'avait rien d'une purée. C'était une soupe préparée avec du bouillon, des morceaux de pain et de la tome fraîche. On la servait chaude à des gens qui avaient marché longtemps et qui n'avaient pas besoin d'élégance.
Quand la pomme de terre est arrivée en Europe, la recette a évolué. Elle a pris la place du pain, et la tome fraîche est restée l'ingrédient indispensable. C'est de là que vient l'aligot que nous connaissons : une purée de pommes de terre, de la tome fraîche, de la crème, du beurre et de l'ail, travaillée jusqu'à ce qu'elle file.
« Aligot » est une graphie francisée d'un mot rouergat, alicouot (ou aligouot). Rouergat, comme le Rouergue, l'ancien nom du pays de l'Aveyron. Pour l'origine exacte du terme, plusieurs interprétations existent, et nous n'allons pas trancher à la place des spécialistes.
Sur le plateau, l'aligot a longtemps été un plat de subsistance, de ceux qui aident à tenir l'hiver. Il est devenu le plat des fêtes : mariages, repas de famille, fêtes de village. On le surnomme parfois le « ruban de l'amitié », et on comprend pourquoi quand on le voit s'étirer de la casserole à l'assiette.
À lire ensuite : la recette de l'aligot, pas à pas.
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Cinq signes et trois questions pour savoir si l'aligot qu'on vous sert mérite son nom.