Le manifeste
L'aligot n'a pas de lobby. Pas de syndicat, pas de logo, pas de budget.
Il a des grands-mères, des cuillères en bois et des gens qui remuent. Ça a suffi pendant des siècles, ça ne suffit plus. Un peu partout, on voit passer des « purées au fromage » qui prennent son nom, des aligots qui ne filent pas, des cartes qui l'écrivent en petit en bas de page.
Alors on s'y colle. Ce site est un blog : on y parle d'aligot, de tome fraîche, de cuisine aveyronnaise, et on y dit clairement ce qu'on attend d'un vrai plat.
Ce qu'on demande
- Qu'on arrête de dire « purée au fromage ». C'est de l'aligot, et ça se respecte.
- Qu'on y mette de la vraie tome fraîche. Pas un fromage qui fond : la tome fraîche de l'Aubrac, jeune et peu affinée. Sans elle, ça ne file pas.
- Qu'on parte de vraies pommes de terre. Certains simplifient avec de la purée en flocons. Les flocons, on les laisse aux paquets. On explique pourquoi ici.
- Qu'on le remue jusqu'au bout. Dans le même sens, longtemps, jusqu'à ce que le ruban s'étire. S'il casse, il n'est pas fini.
- Qu'on le serve sans compter. À la louche, avec une bonne saucisse à côté. L'aligot n'a jamais été un plat de régime.
- Qu'on lui donne sa vraie place sur les cartes. Pas « accompagnement » : un plat qui a son nom, son histoire et son public.
Plus qu'un plat
Chez nous, l'aligot ne se mange pas seul devant un écran. On le prépare à plusieurs : l'un tient la casserole, l'autre soulève la louche, les enfants regardent le fil monter de plus en plus haut. C'était un plat de subsistance, c'est devenu le plat des fêtes, des mariages et des repas de village.
C'est aussi une façon de dire d'où l'on vient. Quand un Aveyronnais s'installe à Paris, il y a de grandes chances qu'il cherche d'abord où retrouver ça.
Faire passer le mot
Un lobby ne marche que si on est nombreux. Envoyez ce site à quelqu'un qui aime le fromage, ou à quelqu'un qui n'a jamais goûté.